Archives mensuelles : janvier 2012

Plastic People

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Depuis les cent dernières années, le pétrole (et ses innombrables dérivés) constitue sans aucun doute le produit fondamental de notre civilisation occidentale.

Le consommateur moyen a l’habitude de jauger les hausses annoncées du prix du pétrole brut en fonction de l’utilisation de son véhicule automobile. Il oublie souvent que ce carburant sert également aux fonctionnement des avions, trains et bateaux qui acheminent quotidiennement les vins de Californie et les kiwis de Nouvelle-Zélande dans un commerce « près de chez lui ».

Il réalise encore moins que les sous-produits de la pétrochimie sont parmi les composantes essentielles lors de la fabrication des plastiques et des caoutchoucs, du polymère et du PVC. Songe-il aussi aux parfums, aux CD, aux différents solvants, colles, cires, graisses, lubrifiants, aux combustibles de chauffage, aux caoutchoucs synthétiques, aux emballages de toutes sortes, au bitume qui compose nos milliers de kilomètres de routes et au béton de nos buildings, aux encres d’imprimerie, aux détergents, aux teintures de toutes sortes, aux pesticides, aux produits impérméabilisant, à la peinture, aux engrais, colorants et même médicaments ?

 

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Un détroit si étroit: Ormuz

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Dans l’ancien Occident, le Moyen-Orient était considéré de façon générale comme le centre du Monde.

Durant des siècles, la région fut le carrefour nécessaire entre l’Orient et l’Occident, pour les échanges commerciaux et conséquemment, culturels.

Plusieurs religions encore dominantes y ont vu le jour (chrétienne, musulmane, judaïque, etc.).

Aujourd’hui, pour toutes ces raisons et d’autres encore, on s’y bat continuellement.

Entre le Golfe persique et la Mer d’Oman, le détroit d’Ormuz, un étranglement géographique, constitue l’un des sites stratégiques les plus exceptionnels de la planète.

Sur le rivage ouest: les Émirats arabes unis et le sultanat d’Oman (et la petite ville de Dubaï!). En face: la République islamique d’Iran… Le détroit fait quarante kilomètres en largeur mais seulement deux couloirs de trois kilomètres chacun sont réservés à la navigation commerciale.

Or, plus du tiers du trafic pétrolier mondial y transite quotidiennement, principalement à destination de l’Asie. Y compris celui du plus grand producteur mondial: l’Arabie saoudite. Lorsque l’Iran menace périodiquement de bloquer la circulation sur le détroit d’Ormuz, l’économie mondiale toute entière risque d’être ébranlée.

Tout au long de l’Histoire, navigation oblige, les détroits, canaux et autres passages fluviaux furent l’objet de luttes incessantes pour ceux qui en réclamaient le contrôle. Il faut se rappeler Gibraltar, les Bosphore et Dardanelles en Turquie, Malacca à Singapour, Panama, Suez, Québec…

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Black Seminoles

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Le fait n’est pas très connu: il existe aux États-Unis des territoires où des Amérindiens et des Afro-Américains liés par le sang forment une seule et même communauté depuis plusieurs générations.

Ils appartiennent à la tribu des Séminoles. On les retrouve éparpillés aujourd’hui en Floride, en Oklahoma et au Texas, de même qu’au Mexique et aux Bahamas.

Cette tribu s’est formée progressivement à partir du XVIIième siècle sur le territoire de l’actuelle Floride, alors aux mains des Espagnols. Aux peuples autochtones de la péninsule vinrent se joindre des réfugiés d’autres tribus voisines ainsi que de nombreux esclaves noirs en fuite à partir de la Georgie et de la Caroline du sud. Tous ces groupes, souvent décimés, finirent par s’allier pour résister à l’envahissement anglo-américain venant du nord. Mais les trois guerres coloniales qui les opposèrent à l’armée américaine (entre 1817 et 1858) finirent par avoir raison de leur ténacité. La plupart furent déportés, principalement en Oklahoma.

Par le biais des unions matrimoniales, les descendants d’esclaves noirs fugitifs se sont donc perpétués chez les Séminoles américains. Plusieurs d’entre eux avaient des ancêtres originaires de la Sierra Leone et étaient alors connus sous le nom de Gullahs. On leur doit la culture du riz en Floride, dont ils connaissaient le secret. Ils auraient conservé de leurs coutumes africaines: éléments de langue, musique, gastronomie, artisanat, etc. Ils adoptèrent des Amérindiens vêtements et autres rites.

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Un brin de jasette ??

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L’origine du jazz ne sera probablement jamais éclaircie mais il semble admis généralement qu’il a vu le jour à la Nouvelle-Orléans. La Louisiane fut le creuset de plusieurs cultures, dont évidemment la culture française. Les Créoles louisianais sont un joyeux métissage d’anciens esclaves afro-américains, de Français, d’Acadiens, d’Amérindiens mais aussi d’Espagnols, d’Allemands et… d’Anglo-Américains !

Le mot « jazz » lui-même demeure obscur du point de vue étymologique. L’une des théories les plus persistantes relierait ce terme à celui de jaser, formule française encore très usitée au Québec, signifiant « bavarder ». Les musiciens auraient eu l’habitude de jaser ensemble par le biais de leurs instruments.

L’un des pionniers du jazz, le Créole « Jelly Roll » Morton (1885-1941), qui aimait se proclamer « inventeur du jazz », se nommait en réalité Ferdinand Joseph Lamothe. Le surnom de Morton serait une déformation du nom de son beau-père, un certain monsieur Mouton…

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À propos du jazz

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Dans certaines formes d’art, de même que dans la vie de tous les jours, la fraîcheur de la spontanéité est souvent reconnue comme la formulation la plus authentique de l’expression humaine.

Or, il est parfois judicieux de « tourner sa langue sept fois » avant de parler. De la même façon, une œuvre réfléchie et rodée engage la réflexion chez ceux devant qui elle s’expose.

Il n’est donc pas toujours évident de faire la part entre le spontané et le peaufiné. Entre l’irrationnel et le rationnel. Entre le naturel et l’artificiel. Entre l’artistique et le scientifique.

Le jazz, notamment, tente de réconcilier ces tendances : il est souvent à la fois improvisation et composition. Composition spontanée et composition structurée. D’un côté le free jazz, le jam session, la séance d’impro, où le cœur s’exprime à travers la virtuosité du musicien. À l’autre extrémité, la composition écrite, répétée, fignolée où parfois un solo instrumental improvisé est prévu pour rendre unique l’interprétation du jour.


Whole Lotta Shakin Going On

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Selon leur propre aveux, les Beatles ont été ensorcelés dans leur jeunesse par la musique de Little Richard. Que ce soit dans leurs toutes premières compositions ou dans leurs différentes interprétations des tubes de ce dernier (Long Tall Sally, Good Golly Miss Molly, etc.), on reconnaît ces fameux « Wououou!! » ainsi que la frénésie caractéristique de Richard Penniman.

Il faut voir la progression de l’hystérie dans cette video pour apprécier toute la puissance énergétique du Petit Richard.

Quand la musique s’empare de lui, il ne peut faire autrement que de jouer au piano debout (quand ce n’est pas debout sur le piano). Le veston s’envole comme une camisole de force. Ainsi qu’un prédicateur, il exhorte l’auditoire à se faire éclater les sens. Et saute à pieds joints comme un gamin en furie.

Pour moi, c’est toujours une merveille d’ainsi voir le cheminement que les descendants des Africains kidnappés ont fait faire à leur musique tribale au fil des siècles, à travers les interdictions et les nombreuses influences latérales. Ils en ont perpétué l’essence tout en lui greffant des branches multicolores.

Le rock and roll est un produit génétiquement évolué.

Alexandre Zerbé (suite)

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La Towne Square Gallery (Oakville, Ontario) décrit ainsi le style Zerbé :

Zerbé’s technique is stylized: he usually sketches compositions before beginning to paint, mindful not to “over-finish” a piece as he wants the liveliness of the sketch to remain visible. His purposely discernable brushstrokes, boldly unpredictable color choices like bright red skies, black contour lines adopted from the essence of drawing, and the calligraphy of his signature are all markers of his singular style.

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