Archives de catégorie : Musique

Le fou sur la montagne

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Longtemps après avoir composé la bucolique The fool on the hill avec les Beatles sur l’album Magical Mystery Tour, Paul McCartney la reprend fréquemment durant ses concerts. Vers la fin de la pièce, il y insère un extrait du tout dernier discours de Martin Luther King (à 3:34 sur le videoclip).

Le célèbre pasteur pacifiste prononca cette allocution prophétique la veille même de son assassinat, soit le 3 avril 1968 à Memphis, Tennesse: « I’ve been to the Mountain top ».

Dieu m’a permis d’atteindre le sommet de la montagne. J’ai regardé autour de moi. Et j’ai vu la Terre promise. Il se peut que je n’y pénètre pas avec vous. Mais je veux vous faire savoir, ce soir, que notre peuple atteindra la Terre promise.
Ainsi je suis heureux, ce soir. Je ne m’inquiète de rien. Je ne crains aucun homme.

Le lendemain, sur le balcon du motel Lorraine, il s’affaisa sous la balle d’un tireur embusqué.

Lui survivront à jamais son éloquence, l’intensité de son regard et la détermination qui l’habite tout au long de son discours-sermon. À peu près tout le monde a entendu parler de cet homme mais il n’y a rien comme l’entendre parler lui-même pour comprendre la ferveur qu’il suscitait.

Source de la citation

Prix nobel de la paix, 1964

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Cowboys of color

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L’un des fleurons de la mythologie américaine, le cowboy du Far-West, n’avait pas toujours le visage pâle.

Les historiens le confirment généralement: un certain nombre de cowboys étaient d’anciens esclaves noirs. Les chiffres avancés diffèrent mais il est question de plusieurs milliers d’individus, que la littérature et le cinéma du genre ont presque toujours négligés.

Notoire aussi le nombre de Métis et de Mexicains ayant parcouru les plaines centrales des États-Unis entre 1850 et 1890, à titre de conducteurs de bétail, d’éclaireurs, etc.

On ne devrait pas en être surpris outre mesure, considérant que les cowboys exerçaient un métier dur, très peu payé et subordonné aux grands propriétaires de cheptels.

 

 

Quant à leur attirail, devenu folklorique, il fut hérité des premiers colons espagnols de l’Ouest:

Un sombrero pour les protéger du soleil, un bandana pour ne pas respirer la poussière, des jambières et des éperons pour monter à cheval et un lasso afin de capturer les animaux. (4)

Source 1

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Source 3

Source 4

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Ce piano à la fin du film

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Que serait le cinéma sans la musique ?

Le film se termine par une scène émouvante: Monsieur Lazhar et la petite élève s’étreignent. C’est à peu près à ce moment que le piano de Martin Léon se révèle. Avec le générique. Formule conventionnelle mais toujours efficace.

Les gens hésitent à se lever. Bercés par les notes enrobant l’atmosphère, comme une ritournelle éternellement enfantine.

Écoutez-là ici.

La dernière fois que j’ai vu l’assistance rester sur son siège tout au long du défilement du générique d’un film, même lorsque les lumières du cinéma s’étaient allumées, c’était pour Le pianiste.

Encore hypnotisés par les yeux si tristes d’Adrian Brody, personnifiant ce pianiste varsovien martyrisé par les événements. Puis le générique, derrière lequel un clavier et des mains jouaient ce morceau de Chopin. Encore sous le choc de tout ce qu’on venait de voir, il restait dans la salle le respect pour l’improbable survivant et la fascination pour ces mains qui jouent toutes seules, malgré l’ignorance, malgré l’adversité, malgré la cruauté, malgré la mort.

Si vous êtes saturés par les drames cinématographiques traitant de l’Holocauste, et que vous n’avez pas vu Le pianiste (2002) de Roman Polanski, il vous faut faire une exception et visionner ce film. Pour l’espoir en l’humanité. Pour l’Art aussi.

Colour of your dreams

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Le sujet peut paraître infiniment usé. L’histoire du cheminement des Beatles est constellée d’ornières où historiens, chroniqueurs et théoriciens de la musique populaire ont passé et repassé dans tous les sens.

Mais il restera toujours facsinant d’essayer de comprendre comment ce « little dancehall band » (dixit George Harrison) est devenu en trois ou quatre ans le propulseur du rock psychédélique, entre autres styles musicaux populaires.

Le groupe avait bien lancé le « yéyé », grâce surtout à l’originalité des compositions de deux jeunes hommes plutôt doués et à leurs irrésistibles arrangements vocaux. Ils avaient perpétué le style et la verve des groupes et leaders du rock and roll des années cinquante (Little Richard, Chuck Berry, etc.).

Le succès et la liberté financière qui en a résulté les avaient graduellement autorisé à rechercher de plus en plus l’originalité et l’expérimentation musicale.

Mais entre She Loves You et Strawberry Fields forever, que s’est-il passé ? Cette fusion explosive des genres, ces emprunts aux instruments classiques ou exotiques, l’exploitation du bruitage et autres effets sonores spéciaux, tous ces changements majeurs en si peu de temps s’expliquent comment au juste? On parle ici de la genèse de la musique populaire telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Il faut mentionner (et ce n’est pas la découverte du siècle, j’en conviens) deux causes indiscutables à cette métamorphose: George Martin…et le LSD.

Martin, le principal arrangeur du groupe, est responsable de la structuration musicale de plusieurs chansons. En plus de produire les albums, il fut le fidèle accompagnateur et l’homme-orchestre, dans tous les sens du terme.

Quant au LSD, réputé pour ouvrir les portes de la perception sensorielle, même si l’on admet les dégâts qu’il peut provoquer chez l’individu, il a eu un effet certain sur les créations artistiques en général durant les années soixante. Essentiellement, il a été un pont entre le rêve et la réalité, ou plus exactement le LSD a mis à la mode la distorsion de la réalité.

Colour of your dreams

Tirée de l’album Revolver (1965), la pièce Tomorrow never knows marque une rupture déconcertante avec le matériel musical des trois années précédentes. La rupture se produit également parmi les fans, plusieurs d’entre eux refusant de suivre leurs idoles dans la voie psychédélique, que plusieurs associèrent automatiquement à de la musique de drogués!

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Nostalgie sans mélancolie

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Qui a dit: « Ah! la nostalgie n’est plus ce qu’elle était »?

Les nostalgiques sont souvent accusés de vivre dans le passé. Faudrait-il donc saisir une nuance entre nostalgie et regret? Entre nostalgie et mélancolie?

Ainsi, je ne suis pas mélancolique lorsque le goût d’une boisson à l’orange de mon enfance me revient soudainement à la bouche. Ou lorsque je revois les touches blanches du magnétophone à cassette reçu en cadeau à mes 13 ans.

Il y a aussi ce petit garçon en moi qui voit défiler des images ensoleillées dès qu’il ré-entend les premières notes de cette chanson… Puis, lorsque Lennon entonne le premier couplet, appuyé par le choeur magique de ses camarades, mon calendrier dégringole à la recherche du temps écoulé.

Lorsque la pièce s’achève, le voyage temporel me ramène tout doucement à l’instant présent, avec le même ravissement que lorsqu’on sort de l’eau à la plage.

Un raccordement vient de s’effectuer entre le quai de mon passé et le bateau que je pilote aujourd’hui. Je ne deviens pas mélancolique: je ne fais que me rappeler ce que j’ai déjà été et comment je suis devenu ce que je suis.

Pour vous, ce sera d’autres chansons, d’autres bonbons ou le rire d’une dame inconnue qui vous rappellera votre mère.

Un brin de jasette ??

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L’origine du jazz ne sera probablement jamais éclaircie mais il semble admis généralement qu’il a vu le jour à la Nouvelle-Orléans. La Louisiane fut le creuset de plusieurs cultures, dont évidemment la culture française. Les Créoles louisianais sont un joyeux métissage d’anciens esclaves afro-américains, de Français, d’Acadiens, d’Amérindiens mais aussi d’Espagnols, d’Allemands et… d’Anglo-Américains !

Le mot « jazz » lui-même demeure obscur du point de vue étymologique. L’une des théories les plus persistantes relierait ce terme à celui de jaser, formule française encore très usitée au Québec, signifiant « bavarder ». Les musiciens auraient eu l’habitude de jaser ensemble par le biais de leurs instruments.

L’un des pionniers du jazz, le Créole « Jelly Roll » Morton (1885-1941), qui aimait se proclamer « inventeur du jazz », se nommait en réalité Ferdinand Joseph Lamothe. Le surnom de Morton serait une déformation du nom de son beau-père, un certain monsieur Mouton…

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À propos du jazz

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Dans certaines formes d’art, de même que dans la vie de tous les jours, la fraîcheur de la spontanéité est souvent reconnue comme la formulation la plus authentique de l’expression humaine.

Or, il est parfois judicieux de « tourner sa langue sept fois » avant de parler. De la même façon, une œuvre réfléchie et rodée engage la réflexion chez ceux devant qui elle s’expose.

Il n’est donc pas toujours évident de faire la part entre le spontané et le peaufiné. Entre l’irrationnel et le rationnel. Entre le naturel et l’artificiel. Entre l’artistique et le scientifique.

Le jazz, notamment, tente de réconcilier ces tendances : il est souvent à la fois improvisation et composition. Composition spontanée et composition structurée. D’un côté le free jazz, le jam session, la séance d’impro, où le cœur s’exprime à travers la virtuosité du musicien. À l’autre extrémité, la composition écrite, répétée, fignolée où parfois un solo instrumental improvisé est prévu pour rendre unique l’interprétation du jour.


Whole Lotta Shakin Going On

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Selon leur propre aveux, les Beatles ont été ensorcelés dans leur jeunesse par la musique de Little Richard. Que ce soit dans leurs toutes premières compositions ou dans leurs différentes interprétations des tubes de ce dernier (Long Tall Sally, Good Golly Miss Molly, etc.), on reconnaît ces fameux « Wououou!! » ainsi que la frénésie caractéristique de Richard Penniman.

Il faut voir la progression de l’hystérie dans cette video pour apprécier toute la puissance énergétique du Petit Richard.

Quand la musique s’empare de lui, il ne peut faire autrement que de jouer au piano debout (quand ce n’est pas debout sur le piano). Le veston s’envole comme une camisole de force. Ainsi qu’un prédicateur, il exhorte l’auditoire à se faire éclater les sens. Et saute à pieds joints comme un gamin en furie.

Pour moi, c’est toujours une merveille d’ainsi voir le cheminement que les descendants des Africains kidnappés ont fait faire à leur musique tribale au fil des siècles, à travers les interdictions et les nombreuses influences latérales. Ils en ont perpétué l’essence tout en lui greffant des branches multicolores.

Le rock and roll est un produit génétiquement évolué.