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Les enfants terribles

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Reconnu pour être un maître de la « distorsion de la réalité », parfois de manière insidieuse, le regretté Steve Jobs reçut cette lettre étrange en février 2007.

Cher monsieur Steve Jobs,

Bonjour de la part d’Albert Hofmann. Je comprends des médias que selon vous le LSD vous a aidé dans votre développement des ordinateurs Apple ainsi que dans votre quête spirituelle personnelle. Je suis intéressé à en apprendre plus sur la manière dont le LSD a été utile pour vous.

Je vous écris aujourd’hui, peu de temps après mon 101e anniversaire, pour vous demander de soutenir le psychiatre suisse Dr. Peter Gasser dans son étude proposée de psychothérapie assistée par le LSD pour des sujets qui souffrent d’anxiété associée à une maladie mortelle. Ce sera la première étude de psychothérapie assistée par du LSD depuis plus de 35 ans.

J’espère que vous pourrez m’aider dans la transformation de mon enfant terrible en un enfant brillant.

Elle est signée de la main du chimiste suisse Albert Hofmann, responsable de l’invention du LSD en 1938. Le docteur Hofmann lui demande donc de témoigner de son expérience personnelle avec le LSD, en collaborant à une étude à venir sur les vertus pharmaceutiques de ce produit (via la psychothérapie assistée) dans le traitement des troubles d’anxiété liés à des cas de maladie potentiellement mortelle.

Jobs ne donna pas de suite à cette requête. Mais l’année précédente, il avait déclaré dans les médias, ce qui attira sans doute l’attention d’Hofmann:

« Doing LSD was one of the two or three most important things I have done in my life. »

Il dira aussi:

« Je suis né à une époque magique. Notre conscience était éveillée par le zen et aussi par le LSD. Prendre du LSD était une expérience profonde; ce fut l’un des moments les plus importants de ma vie. (…) Cela a renforcé mes perceptions, m’a permis de savoir ce qui était essentiel — créer plutôt que gagner de l’argent, mettre à flot le plus de choses possible dans le fleuve de l’histoire et de la conscience humaine ».

(Isaacson, Walter. Éd. Lattès, 2011, p.65)

Hofmann termine sa missive par un souhait énigmatique:

« I hope you will help in the transformation of my problem child into a wonder child. »

Il s’agit d’une référence à l’un de ses ouvrages intitulé: « LSD, mon enfant terrible ».

Des esprits tordus (par la distorsion de la réalité?!!) ou amateurs de graphologie noteront le style peu aligné de l’écriture du docteur Hofmann. Gardons à l’esprit que l’homme était âgé de 101 ans, tout de même! Considérant qu’elle constitue une demande de service auprès du président d’une compagnie de prestige, je suis davantage surpris qu’une telle lettre ait été écrite à la main.

La randonnée en vélo du docteur Hofmann un certain après-midi de 1943 est passée à l’histoire. Aucun lien, sans doute, avec la vision de Jobs selon laquelle le micro-ordinateur devrait être considéré tel un « bicycle for the mind »…

Source de la traduction de la lettre

Dossier détaillé sur le docteur Hofmann

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Autres sources:

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Un brin de jasette ??

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L’origine du jazz ne sera probablement jamais éclaircie mais il semble admis généralement qu’il a vu le jour à la Nouvelle-Orléans. La Louisiane fut le creuset de plusieurs cultures, dont évidemment la culture française. Les Créoles louisianais sont un joyeux métissage d’anciens esclaves afro-américains, de Français, d’Acadiens, d’Amérindiens mais aussi d’Espagnols, d’Allemands et… d’Anglo-Américains !

Le mot « jazz » lui-même demeure obscur du point de vue étymologique. L’une des théories les plus persistantes relierait ce terme à celui de jaser, formule française encore très usitée au Québec, signifiant « bavarder ». Les musiciens auraient eu l’habitude de jaser ensemble par le biais de leurs instruments.

L’un des pionniers du jazz, le Créole « Jelly Roll » Morton (1885-1941), qui aimait se proclamer « inventeur du jazz », se nommait en réalité Ferdinand Joseph Lamothe. Le surnom de Morton serait une déformation du nom de son beau-père, un certain monsieur Mouton…

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Alexandre Zerbé (suite)

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La Towne Square Gallery (Oakville, Ontario) décrit ainsi le style Zerbé :

Zerbé’s technique is stylized: he usually sketches compositions before beginning to paint, mindful not to “over-finish” a piece as he wants the liveliness of the sketch to remain visible. His purposely discernable brushstrokes, boldly unpredictable color choices like bright red skies, black contour lines adopted from the essence of drawing, and the calligraphy of his signature are all markers of his singular style.

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